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NEWS PERROQUET.net - Février 2001 :

  Le dernier Ara de Spix
L'oiseau le plus rare au monde a disparu


Le petit ara bleu brésilien, seul représentant de son espèce à l'état naturel, qui a été pendant plus de dix ans l'oiseau le plus rare au monde, a disparu et on suppose un éventuel décès. Cette espèce est très rare en aviculture, on ne compte que soixante individus en captivité, tous détenus à travers le monde dans des zoos ou chez des collectionneurs privés. 
Il n'a plus été observé dans le Bahia au nord-est du Brésil (son territoire naturel), depuis le 5 octobre 2000, et aucune trace n'a été trouvée malgré des recherches intensives. Beaucoup d'espoirs étaient fondés sur cet oiseau avec notamment un programme de réintroduction. Cinq individus nés en captivité devaient aller le rejoindre. Sa disparition a suscité l'angoisse des ornithologues impliqués dans le projet de conservation, quant à une éventuelle chance de rétablissement d'une population sauvage. Les conservateurs mettaient les espoirs sur cet oiseau pour enseigner aux sujets issus de la captivité à survivre dans ces territoires arides parmis les cactus épineux et des arbres rabougris appelés "caatinga".

L'Ara de Spix de nom scientifique Cyanopsitta Spixii à été découvert en 1819 par Johann Baptiste Von Spix, un naturaliste (travaillant pour l'empereur d'Autriche). Son effectif n'a jamais été important depuis sa découverte et au fil du temps conduit au bord de l'extinction. Les causes sont diverses mais les principales restent la destruction de son habitat naturel par d'autres animaux (herbivores) et sa rareté ce qui à conduit à une demande toujours croissante des collectionneurs du monde entier. Considéré comme éteint dans la nature jusqu 'à sa redécouverte par un spécialiste anglais Tony Juniper et un brésilien près de la petite ville de Curaca en juillet 1990. Pendant plus d'une décennie l'oiseau a survécu seul, tandis qu'un comité désigné par le gouvernement brésilien, essayait en vain de mettre en place un programme de réintroduction de l'espèce, sans grand succès. Le dernier survivant malgré qu'il eu été très rusé a pu être la proie d'un prédateur ou succombé d'une maladie. Il n'a jamais, auparavant, disparu de son territoire au-delà d'une période de 15 jours. 

M. Juniper, qui est maintenant directeur de la campagne politique pour la fondation ''Friends of the Earth'' qui se traduit par ''Les amis de la Terre'' à Londres, a confié : ''Si cet oiseau est mort, c'est une tragédie absolue et un revers majeur pour tout programme de préservation. Les conservateurs ont mis plus de 10 ans pour essayer de rétablir cette espèce dans la nature et ceci soulève probablement la question de savoir si tous ont réellement rempli leur devoir''. 

Un célèbre spécialiste anglais, étudiant les oiseaux en voie d'extinction dans le monde, Nigel Collar, du BirdLife International basé à Cambridge, a émit l'hypothèse que tout n'est pas perdu et que subsiste un espoir : ''Si il y a eu un été très sec, il y a des chances que l'oiseau ait pu migrer autre part. Mais en tout cas il ne l'a jamais fait auparavant et jamais aussi loin, ceci n'est pas très encourageant''. Il ajouta également : ''les oiseaux ont une fantastique carte géographique dans leur tête, pour survivre et s'adapter, où trouver de l'eau ou de quoi se nourrir, où se percher, et comment éviter d'être la proie de prédateurs''. C'est ce qu'on appelle l'instinct naturel. 

Cependant le fondateur du projet de conservation, Yves De Soye, directeur scientifique du Loro Parc à Tenerife qui héberge une des plus grandes collections de perroquets au monde, a affirmé que le programme de réintroduction devrait continuer. Il ajouta également : ''Je suis vraiment très attristé par la perte possible du dernier survivant, mais ceci ne signe pas la fin du rétablissement de l'espèce et il y a de l'espoir, si nous gérons au mieux le programme''. Il affirma : ''Les options prévues vont maintenant être appliquer. Libérer les jeunes oiseaux nés en captivité et les laisser se débrouiller par eux-mêmes ou s'offre à nous la deuxième option, de faire incuber les œufs d'Aras de Spix à des Aras d'Illiger occupant un site de nidification similaire''.

Michael McCarthy, le 27 décembre 2000
Article traduit et adapté du site Images of Macaw par Gilles FABIO

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